CAUSERIE SUR L'INCLUSION AVEC LES FEMMES VICTMES DE FISTULES OBSTETRICALES ET LEURS FAMILLES

Le Vivier d’Expertise Féminin a organisé, ce mardi 16 septembre 2025, une causerie au Centre Oasis du CHU du Point G avec les femmes souffrant de fistules. Objectif : dialoguer sur leurs conditions de vie, identifier les défis liés à leur traitement et réfléchir aux moyens de renforcer leur autonomisation et leur réinsertion sociale.

Dans la salle, en plus des survivantes et des femmes vivant avec des fistules, étaient également présents des délégués d’organisations de la société civile ainsi que des professionnels des médias. Preuve que les fistules obstétricales sont des complications auxquelles le monde doit faire face.

Malgré des initiatives, les défis restent énormes pour freiner cette pathologie dont souffrent des femmes au Mali.

Un centre spécialisé, mais sous-équipé

Elles sont nombreuses à trouver refuge au Centre Oasis, structure dédiée au traitement de la fistule obstétricale. Selon Dr Aminata Samassékou, une des responsables du centre, les patientes qui y séjournent actuellement sont celles dont la guérison tarde malgré plusieurs interventions.

Elle rappelle que la fistule est généralement traitée par chirurgie réparatrice, mais le centre fait face à un manque criant de médicaments et de fournitures chirurgicales, compromettant la prise en charge efficace. La maladie résulte le plus souvent de complications lors de l’accouchement, ou parfois d’accidents liés à une césarienne.

Entre déshonneur et espoir

Lors des échanges, facilités par Mme Tenin Diakité, assistante de programme, les femmes ont exprimé leur sentiment. Elles disent être victimes  de stigmatisation et de délaissement. Pourtant, malgré les épreuves, elles gardent l’espoir de retrouver une vie normale.

Awa Koné est l’une d’entre elles, atteinte depuis plus de 25 ans. Elle affirme que la honte empêche les femmes fistuleuses de s’épanouir pleinement. Mais, dit-elle, « je vis avec l’espoir de recouvrer ma santé et de vivre comme toutes les autres femmes ».

Des initiatives de survie en attendant la guérison

Au Centre Oasis, seules les nouvelles patientes sont hébergées. Les autres, en traitement prolongé, doivent louer des logements dans le quartier Point G. Chaque jour, elles reviennent au centre, où certaines lavent des habits contre rémunération, raconte Kanda Kanté.

D’autres patientes se tournent vers de petits commerces pour survivre.
Toutes expriment cependant le même besoin : bénéficier d’un
soutien pour développer des activités génératrices de revenus (AGR), telles que le petit commerce ou la fabrication de savon.

Des promesses de soutien et des dons de médicaments

Cette initiative a été rendue possible grâce à l’appui financier de l’ORFED. Son responsable thématique du programme PPDM-Cohésion Sociale a assuré que des stratégies concrètes seront mises en place pour accompagner ces femmes, afin de leur permettre de retrouver autonomie et dignité.

La rencontre s’est achevée par la remise de dons en médicaments au centre.

Juliette Coulibaly

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *