Photo prise par Biophère lors de la conférence de clôture du projet de recherche NATURE tenue le samedi 7 février 2026 à la chambre de commerce et d'industrie du Mali.
Une conférence de clôture du projet de recherche NATURE s’est tenue à la Chambre de commerce et d’industrie du Mali ce samedi 7 février 2026. Ce projet, mené en partenariat avec cinq institutions européennes, vise à lutter contre la résistance aux antimicrobiens et la pollution des eaux par les antibiotiques.
Lors de la rencontre, le Dr Sidy Ba, enseignant-chercheur à l’Ecole Nationale d’Ingénieurs Abderhamane Baba Touré (ENI-ABT) et spécialiste en génie environnemental, a présenté les objectifs du projet ainsi que les résultats d’une étude menée sur les eaux usées de plusieurs hôpitaux de Bamako.
Objectifs du projet
Selon Dr Ba, le projet NATURE vise à réduire les polluants aquatiques grâce aux solutions fondées sur la nature, à évaluer leur efficacité, à suivre l’évolution des polluants et à protéger la santé humaine et environnementale.
Le spécialiste en génie environnemental a également indiqué que les analyses ont révélé la présence de molécules d’antibiotiques dans les effluents hospitaliers rejetés dans le fleuve Niger.
Son intervention a été suivie par celle du doctorant Balla Coulibaly, qui a souligné que la surconsommation et l’usage incontrôlé des antibiotiques favorisent la résistance aux antimicrobiens. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ce phénomène pourrait provoquer jusqu’à 10 millions de décès par an d’ici 2050, ajoute M. Coulibaly
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Une urgence environnementale
L’étude confirme que la présence d’antibiotiques dans le fleuve Niger représente un risque élevé pour les poissons et favorise la résistance bactérienne. Les solutions fondées sur la nature apparaissent comme des systèmes efficaces, durables et économiques.
Les chercheurs appellent ainsi à renforcer la gouvernance sanitaire et à investir dans des infrastructures adaptées afin de préserver les ressources en eau et la santé publique.
Des solutions durables proposées
Face à cette situation, les chercheurs recommandent : une meilleure régulation de la prescription des antibiotiques ; la limitation de l’accès sans ordonnance aux antibiotiques ; l’amélioration du traitement des eaux usées ; la mise en place de filtres végétalisés et d’autres solutions naturelles.
Rappelons que ces études ont été menées dans quatre établissements hospitaliers de Bamako : l’Hôpital du Point G, l’Hôpital Gabriel Touré, l’Hôpital Golden Life et l’Hôpital du Mali.
Rédaction Biophère
