Une conférence-débat s’est tenue ce jeudi 21 août 2025 à Bamako sur l’inclusion des jeunes filles dans le secteur minier malien. Organisée par des acteurs du secteur, cette rencontre visait à échanger avec les professionnels du domaine tout en mettant en lumière les talents féminins émergents. L’objectif principal était d’informer et d’encourager les jeunes filles à s’orienter vers les métiers des mines, un secteur encore largement dominé par les hommes.
Le Mali compte aujourd’hui une quinzaine de grandes mines industrielles, ainsi que de nombreuses petites exploitations. Des sites majeurs comme Loulo-Gounkoto, Fekola, Sadiola ou encore Kalana contribuent fortement à la production nationale d’or, faisant du pays le troisième producteur d’or en Afrique. Mais si les ressources sont abondantes, la participation des femmes dans ce domaine reste marginale. Cette conférence s’est donc attachée à explorer des pistes concrètes pour renforcer la présence féminine dans les métiers de la géologie, de l’ingénierie minière et des services associés.
Former, informer et inspirer pour attirer les jeunes filles
Deux panels ont rythmé cette journée d’échanges, avec des intervenants de haut niveau issues du secteur minier. Pour mieux faire connaître les opportunités, les panélistes ont formulé plusieurs propositions.
Pour Mame Diarra Gueye, directrice Afrique de l’Ouest de la division Pièces et Services chez EPIROC, il est essentiel de faire découvrir aux jeunes filles les nombreuses carrières offertes par les mines, au-delà des clichés. Selon elle, il faut leur montrer la diversité des métiers et les réelles perspectives d’évolution.
De son côté, Awa Soumano, responsable du recrutement et de l’onboarding chez GRM, plaide pour la valorisation des rôles modèles féminins. Elle estime que les jeunes doivent pouvoir s’identifier à des femmes qui réussissent dans le secteur pour pouvoir se projeter elles-mêmes. Elle insiste également sur le développement des compétences techniques et interpersonnelles chez les futures professionnelles.
Salamenta Maimouna, directrice générale de Moulina SARL et responsable de la mine de Tabacoro Ouest, souligne l’importance de la sensibilisation et de l’orientation. Elle affirme qu’il existe plusieurs branches rentables dans la géologie et qu’il faut rester à l’écoute des jeunes filles, répondre à leurs questions et les accompagner dans leurs choix.
Créer un environnement favorable à la formation
La formation reste un levier essentiel pour intégrer davantage de jeunes filles dans le secteur minier.
Mme Simpara Kadidia Diallo, ingénieure des mines à la Direction nationale de la géologie et des mines (DNGM), souligne que la diversité des spécialités dans les mines est souvent méconnue. Selon elle, il suffit de montrer aux filles ce qu’elles peuvent faire et leur dire que ce n’est pas un secteur réservé aux hommes.
Ousmane Dramé, président du Groupe universitaire Ahmed Baba, appelle quant à lui à créer des conditions favorables à l’accès des filles aux études techniques et scientifiques. Pour lui, l’État doit s’engager à favoriser l’égalité des chances, du secondaire jusqu’au supérieur.
Dépasser les obstacles sociaux et culturels
Les intervenants ont également abordé les freins socioculturels auxquels les jeunes filles peuvent être confrontées.
Pour Mame Diarra Gueye, l’apprentissage sur le terrain est essentiel pour gagner en confiance et progresser dans le secteur.
Mme Simpara Kadidia Diallo, quant à elle, insiste sur la possibilité de concilier vie familiale et carrière minière. Selon elle, il faut trouver un équilibre, un compromis familial, et cela est possible avec du dialogue et du soutien, précise-t-elle.
À l’issue des échanges, un message fort s’est dégagé selon le quel, les opportunités existent, et il revient désormais aux jeunes filles maliennes de s’en saisir, avec l’appui des institutions, du secteur privé et de la société civile.
Pour rappel, les deux panels de la conférence sont :
-
Former et attirer les profils féminins de demain
-
Accélérer la diversité : initiatives et bonnes pratiques au sein des entreprises minières maliennes
À retenir :
-
Le Mali est le 3e producteur d’or en Afrique
-
Le secteur minier reste majoritairement masculin
-
Éducation, sensibilisation et représentation sont les clés pour favoriser l’inclusion des femmes.
Rédaction Biosphère
