Photo prise sur la page facebook de la présidence

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Ce lundi 3 novembre 2025, le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi GOÏTA, a inauguré à Bougouni la deuxième mine de lithium du Mali. Cette infrastructure sera exploitée par Les Mines de Lithium de Bougouni SA (LMLB SA). La mine devrait générer plusieurs centaines d’emplois, renforcer les recettes publiques et soutenir le développement local.

Après celle de N’galamina, inaugurée il y a moins d’un an précisément le 15 décembre 2024 ( date officielle ), cette nouvelle réalisation marque une étape importante dans la valorisation des ressources minières du pays. Selon le chef de l’État, cette inauguration constitue « un pas décisif pour le développement local et national et renforce la souveraineté économique du Mali ».

De son côté, le ministre des Mines, Pr Amadou Keïta, premier responsable du secteur minier, a exprimé sa satisfaction quant à la mise en service de cette usine, qu’il a qualifiée de « grande importance pour le pays ». Il a rappelé la volonté du gouvernement d’assainir le secteur. « Nous avons annulé 121 titres miniers, dont 100 permis de recherche, pour assainir le secteur et mettre fin au désordre qui y a longtemps régné », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que cette rigueur s’appliquera également à la protection de l’environnement, au respect des droits des travailleurs et à la mise en œuvre effective du contenu local.

Une mine au cœur du développement industriel et technologique

Pour Dr Sidy Ba, professeur à l’École nationale d’ingénieurs (ENI-ABT) et spécialiste en géni environnemental, l’inauguration de cette infrastructure constitue une avancée majeure dans la stratégie nationale de diversification minière et économique, ainsi qu’une étape clé de l’intégration du Mali dans la transition énergétique mondiale.

Selon lui, le lithium, ressource stratégique pour la fabrication des batteries électriques, offre au Mali un potentiel de développement industriel et technologique considérable.

Les retombées attendues en matière d’investissements, de création d’emplois locaux, de participation des entreprises nationales à la chaîne de valeur et d’augmentation des recettes fiscales représentent une bouffée d’oxygène pour l’économie nationale.

Cependant, Dr Ba souligne qu’il est essentiel de rompre avec la logique d’exportation du minerai brut. Le spécialiste en génie environnemental estime que le pays doit orienter ses politiques minières et industrielles vers la transformation locale du lithium et la création d’une chaîne nationale de valeur, englobant l’extraction, le raffinage, l’assemblage et, à terme, la production de batteries au lithium destinées aux marchés africains et internationaux.

Renforcement de la souveraineté économique et énergétique du Mali

Avec un investissement estimé à 36 milliards de francs CFA, Dr Ba estime qu’une telle orientation permettrait de renforcer la souveraineté économique et énergétique du Mali, tout en maximisant les retombées socioéconomiques pour les populations locales : emplois qualifiés, transfert de compétences, innovation technologique et valorisation du capital humain.

En somme, l’exploitation du lithium à Bougouni ne doit pas seulement représenter une source de devises, mais le socle d’une industrialisation verte et inclusive, plaçant le Mali au cœur des dynamiques africaines de la transition énergétique, conclut le professeur Sidy Ba.

Cette usine de lithium de Bougouni sera développée par Kodal Mining UK Ltd et Hainan Mining Co. Ltd (filiale du groupe chinois Fosun), en partenariat avec l’État malien et des investisseurs locaux.

Rédaction Biosphère

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