Image générée par IA illustrant un patient sur son lit d’hospitalisation, entouré de médecins.

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Au Mali, l’incidence de la Drépanocytose est 1,64 soit environ 11 000 nouveaux cas par an. Ce chiffre qui fait froid au dos, est donné par le Centre de Recherche et de Lutte contre la Drépanocytose (CRLD). La bonne nouvelle, c’est que ce 12 mars 2026, l’Unité d’hématologie de l’Hôpital de la Commune IV a franchi une étape majeure. La première dans un hôpital de district public au Mali à réaliser un échange transfusionnel. Cette réussite exceptionnel est un ouf de soulagement pour les patients.

L’Unité d’hématologie de l’Hôpital de la Commune IV a réalisé un échange transfusionnel avec succès en ce début de mois de mars. Une prouesse qui donne de l’espoir notamment pour les drépanocytaires.

Nous vous expliquons à quoi consiste concrètement l’échange transfusionnel.

La technique médicale est une procédure thérapeutique qui consiste à retirer le sang du patient contenant des globules rouges anormaux et à le remplacer simultanément par celui d’un donneur contenant des globules rouges normaux. L’objectif est de réduire le taux d’hémoglobine S du patient de 30 à 40 %.

Le rôle déterminant du laboratoire

 

Les biologistes ont été un pilier central de cette opération. « Grâce à la diligence de nos biologistes, avec à leur tête Ibrahim Témé, nous avons pu obtenir du sang phénotypé, c’est-à-dire spécifiquement compatible avec le profil du patient, garantissant ainsi une sécurité maximale et le succès de l’acte », a indiqué Dr Moussa Dembélé, spécialiste en hématologie clinique à l’unité d’hématologie de l’hôpital de la commune IV.

Il a également souligné que la maîtrise technique de cette procédure délicate repose en grande partie sur le savoir-faire de l’unité d’hématologie, ainsi que sur l’engagement collectif du personnel soignant.

 

Une mobilisation collective saluée

 

D’autres responsables de l’hôpital se réjouissent également de cette réussite. « Ce succès est avant tout le fruit d’une bonne coordination, d’une collaboration efficace et d’une organisation exemplaire de l’équipe », a déclaré Dr Aminata Traoré.

Selon Dr Traoré, l’équipe impliquée était composée des services d’hématologie, de la banque de sang, du laboratoire de l’unité, ainsi que des infirmiers du service d’hospitalisation de l’Hôpital de la Commune IV de Bamako pour obtenir ce succès historique.

 

Inédit dans une structure de santé publique au Mali

 

Il s’agit de la première fois qu’un tel acte est réalisé dans un hôpital public de district au Mali. C’est le deuxième site national après le Centre de Recherche et de Lutte contre la Drépanocytose (CRLD), selon Dr Moussa Dembélé.

Pour le spécialiste, cette avancée ouvre une nouvelle ère dans la prise en charge de la drépanocytose et des pathologies sanguines graves dans le pays.

 

L’espoir pour plus de 21 mille patients et pour tout un pays

 

Le Centre de Recherche et de Lutte contre la Drépanocytose (CRLD), la première structure au Mali dédiée à la lutte contre la Drépanocytose suit à ce jour plus de 21 000 Drépanocytaires.

Pour son directeur général Pr Aldjouma Guindo, cette activité transfusionnelle constitue une avancée majeures dans la prise en charge de certaines pathologies. Pr Guindo estime que cela démontre l’engagement et la détermination du Ministre en charge de la santé du Mali à une qualité de soins aux Maliens.

Un patient en bonne évolution

 

« À ce jour, le 29 mars 2026, le patient se porte bien. On peut même dire que notre objectif est atteint, puisque le but était de réduire considérablement les risques de complications », s’est réjouit Dr Moussa Dembélé qui ajoute qu’après cette réussite, des recherches se poursuivront afin de consolider ce succès historique.

Cette expérience est une première qui ne s’arrêtera pas là, indique l’hématologue. Il précise que l’échange transfusionnel est une indication au cas par cas. Il n’est pas indiqué pour tous les patients, regrette t-il. « Mais chaque fois que l’indication se présentera, notre équipe sera prête à réaliser un échange transfusionnel », affirme le Dr Moussa Dembélé.

 

Une initiative à dupliquer dans tous les districts sanitaires

 

« Nous avons reçu cette information avec beaucoup de joie et d’espoir. Nous remercions les autorités sanitaires pour cet exploit. Un grand merci à toute l’équipe de l’hôpital du district de la Commune IV. Nous apprécions tous les efforts qu’ils fournissent pour que la prise en charge de la drépanocytose soit effective. » Ces mots de satisfaction sont de la secrétaire générale de l’Association Malienne de Lutte contre la Drépanocytose (AMLUD), Fatoumata Togola.

Selon elle, cette avancée contribuera à améliorer la prise en charge des personnes atteintes de drépanocytose. Elle souligne également que cela répond à l’une des principales préoccupations de l’association.

« Nous espérons que cette initiative sera étendue à d’autres centres de santé dans les jours à venir. Vous n’êtes pas sans savoir que la drépanocytose n’est plus une maladie rare. Elle est très fréquente, chronique et cause de nombreux décès chaque année, surtout pendant la petite enfance », déplore Mme Fatoumata Togola.

Face à cette avancée majeure, un accompagnement des autorités apparaît nécessaire afin de renforcer les capacités de la structure et de développer davantage la recherche dans ce domaine.

 

Rédaction Biosphère

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