Carrière de Gounkoto photo prise le 27 juillet 2025
Le 29 octobre 2025, le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) a rejeté la demande d’urgence déposée par la société minière canadienne Barrick Gold. L’entreprise souhaitait obtenir la suspension des actions engagées par le Mali dans le cadre du conflit autour du complexe aurifère de Loulo-Gounkoto.
Depuis 2023, le gouvernement malien et Barrick Gold sont engagés dans des négociations tendues concernant la mise en œuvre du nouveau code minier. Ce texte, adopté pour renforcer la souveraineté économique du pays, prévoit une fiscalité plus élevée pour les exploitations et accroît la part de l’État dans les revenus générés par les mines d’or implantées sur le territoire national.
Face à ces réformes, Barrick Gold avait saisi le CIRDI en décembre 2024, contestant certaines décisions des autorités maliennes jugées défavorables à ses intérêts. La société demandait notamment la suspension des mandats d’arrêt émis contre quatre de ses cadres actuellement détenus au Mali, ainsi que la nomination d’un administrateur provisoire chargé de superviser les activités du site.
Une victoire pour Bamako
Dans sa décision rendue publique le 29 octobre 2025, le CIRDI a estimé que les conditions d’urgence et de préjudice irréparable invoquées par Barrick Gold n’étaient pas réunies. L’institution a donc rejeté la requête de la société canadienne, autorisant le Mali à poursuivre ses actions au niveau national.
Pour de nombreux experts du secteur minier, cette décision constitue une victoire juridique et politique pour l’État malien. Elle renforce la position du gouvernement dans l’un des bras de fer économiques les plus sensibles du pays, alors que le Mali cherche à mieux valoriser ses ressources naturelles et à accroître son contrôle sur les grandes exploitations aurifères.
Toujours dans cette perspective de renforcement de sa souveraineté économique, le Mali a inauguré ce lundi 3 novembre 2025 sa deuxième mine de lithium dans la région de Bougouni, après celle de N’galamina.
Rédaction Biosphère
